PACEMAKER

 

 

 

 

PIERRE GIFFARD

Microbe champion des sports

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Chapitre IV : La révélation

En moins d’une semaine, aisément, Robert avait pris le train-train de son service. Il s’en faisait un jeu dès le cinquième jour. Adroit au possible, il ne craignait personne pour évoluer dans Paris. Avec la prudence d’un petit homme qui sait qu’il a charge d’âmes, le jeune groom n° 4 de la banque Delaroche évitait la difficulté au lieu d’aller, comme tant d’autres, les chercher témérairement. Ce qui ne l’empêchait pas de s’en jouer lorsqu’il se trouvait aux prises avec quelqu’unes d’elles. Il fallait le voir esquiver les tramways, les omnibus mastodontes, les fiacres, les chariots attelés de quatre et cinq chevaux à la file, tous les embarras du Paris moderne, que vint accroître plus tard le flot des automobiles. Mme Legrand et Louisette, pendant les premiers jours, ne vivaient pas de le savoir sur le pavé, par tous les temps, roulant plus ou moins à l’aise, mouillé parfois, trempé malgré le capuchon dont le tailleur de la banque l’avait nippé par surcroît. Mais on se fait à tout. Au bout de la quinzaine, à leur tour, la maman et la petite sœur s’inquiétèrent moins des dangers de la rue.

– Bah ! disait philosophiquement Robert, la vie n’est-elle pas une perpétuelle bataille contre la mort !

Il était allé avec Louis Marquet et ses amis – pas très distingués les amis de son ami – aux courses d’Argenteuil. La municipalité les avait organisées sur la belle route qui longe la Seine. Comme les engagements se faisaient « sur le terrain » Robert avait risqué sa chance et s’était inscrit dans un lot de vingt-cinq gaillards de son âge, pour voir… Il avait vu. Dans le désordre d’un départ insensé, au milieu de débutants qui ne savaient même pas conduire leur machine, le jeune groom avait eu pour toute préoccupation, pendant les mille mètres de la course, avec virage autour d’un poteau gardé par un gendarme de « sauver la bûche », c’est-à-dire d’éviter qu’un de ces maladroits le fît tomber. Il était arrivé douzième, encore heureux de n’avoir pas vu sa machine démolie par ces sauvages. Alors Marquet lui avait révélé autre chose : à savoir que pour s’habituer à courir, il fallait rouler en piste, au vélodrome des Bruyères, à Courbevoie. S’il avait su, il y eût mené Robert le soir où l’on s’était rencontré, à cinq cents mètres de là. Le dimanche suivant, Robert avait assisté, moyennant la dépense d’un franc, aux premières courses de la saison, que donnait ce même vélodrome. Le soir, il expliqua en dînant ce que c’était que cette piste en ciment, ce qu’étaient les virages relevés, la joie qu’il avait éprouvé à voir courir là-dessus, comme des billes sur un tapis de billard, des douzaines de bicyclettes, conduites à un train du diable par des gaillards qu’il se chargeait de « gratter » lui, Robert Legrand, « à l’emballage ».

Ces termes particularistes plongeaient Mme Legrand dans une surprise mêlée comme toujours d’inquiétude, mais son fils l’avait vite convaincue. Au bout de quelques jours, n’y tenant plus, il était venu s’inscrire à l’entraînement. Tous les soirs, dès que la banque fermait ses bureaux, Robert enfourchait la bécane dont M. Constant voulait bien laisser la disposition aux grooms pour rentrer chez eux et revenir plus aisément au bureau le lendemain. Il arrivait aux Bruyères, et là, solitairement ou en compagnie de Marquet, le petit Breton « couvrait » des tours de piste pendant une grande heure. Au surplus le Prophète avait disparu de l’affiche et l’Opéra n’avait plus besoin de ses services.

Le dimanche suivant, Robert était sournoisement engagé dans une course de primes, sous les couleurs de Marquet, dont il avait emprunté le maillot. Il marcha si bien que sur trente tours de 333 mètres, avec une prime à chaque tour pour le premier arrivé au poteau, il gagna sept primes de cinq francs, et la dernière, la plus convoitée, qui était de vingt-cinq francs. On était parti quatorze, on arrivait quatre. Robert avait gagné soixante francs dans sa journée. Les dimanches qui suivirent, sa vaillance ne fut pas moindre. Mme Legrand émerveillée, un peu attristée aussi, car elle se demandait si ces efforts sportifs, des choses et des mots inconnus pour elle, n’allaient pas compromettre la santé de son Robert, Mme Legrand lui avait acheté un superbe maillot bleu ciel, qu’il lança, le jour de la Pentecôte, au vélodrome des Bruyères, dans une épreuve plus sérieuse qu’on appelait la Coupe de France. Il s’agissait de lutter sur 2000 mètres avec cinq ou six coureurs de valeur différente ; mais tous étaient plus ou moins populaires. Ce jour-là fut vraiment celui de son début. Marquet l’avait beaucoup poussé à s’engager dans la course, lui démontrant qu’il ne risquait rien, puisqu’il était encore un illustre inconnu. S’il gagnait, ce qui était très possible d’après lui, Marquet, fin connaisseur, le prix était bon à ramasser : cinq cents francs au premier, cent cinquante au second, soixante-quinze au troisième. S’il était battu, personne ne s’en apercevrait. Lorsque Robert apparut en piste, si mince, si menu, dans son maillot bleu ciel, battant neuf au grand soleil, ce fut une surprise unanime.

Pour comble de malchance, un ancien habitant de Dinan se trouva sûrement dans la foule, car Robert, comme il faisait son tour d’essai en piste avec les autres, entendit crier derrière son dos :

– Tiens ! c’est Microbe, de Dinan !

– Oui ! oui ! Microbe !

– Ah ! ah ! Microbe ! Microbe !

Le vélodrome était plein à craquer. Cinq mille voix peut-être répétaient ce sobriquet qui amusait l’assistance entière :

– Microbe ! Microbe !

Robert, lui, souriait, et ne pensait qu’aux cinq cents francs du premier prix.

Enfin le coup de pistolet du départ retentit.

Sans avoir jamais rien appris de la tactique professionnelle, par intuition de ce qui devait être fait pour aboutir au succès, Robert garda derrière le peloton de ses aînés une attitude expectante, sans toutefois perdre le contact. Lorsqu’il s’agit d’aborder le dernier tour, il avait déjà regagné deux places. Au moment où l’on s’attendait le moins à le voir apparaître en tête, le gringalet au maillot bleu ciel bondit à la droite de ses adversaires, accomplit quelques mètres de plus qu’eux, comme s’il était homme à leur en faire largement l’aumône, et gagna la course d’une bonne longueur, laissant littéralement sur place ses adversaires archibattus. Alors ce fut un tonnerre de vivats. Autant la foule avait raillé ce petit tout à l’heure, autant elle l’exaltait à présent qu’il avait montré sa force. La foule est grande admiratrice du fait accompli, de la prouesse réalisée par-dessus tout.

– Microbe ! Microbe ! criait le populaire en agitant des journaux.

– Microbe ! Microbe ! criaient les dames des tribunes en brandissant leurs ombrelles multicolores.

– Un tour d’honneur ! un tour d’honneur !

Robert fur alors obligé, sur un signe du directeur de l’établissement, de faire un tour de piste supplémentaire, à petite allure, pour répondre par des sourires aux ovations de la foule. C’était du délire. Les compétences de la matière, les journalistes de la spécialité, rassemblés dans une loge commune, disaient déjà que la Coupe de France avait été gagnée par un astre naissant, qu’une petite étoile très capable d’atteindre la première grandeur, venait d’apparaître dans le firmament vélocipédique. Ces phrases dithyrambiques furent imprimées dès le lendemain. Mais il y eut mieux. Avant même que Robert eût quitté le vélodrome, comme il s’était rhabillé dans la cabine banale des coureurs de troisième ordre, Marquet vint le chercher. Il était bien content, Marquet. Et il le disait franchement à son pupille, car Robert était son pupille, et Marquet s’en glorifiait au café.

– Tu n’es pas plus content que moi, lui dit Robert entre deux portes, et pour te le prouver, je te donne cent francs sur mon prix. Pour la première fois que je gagne un billet bleu de belle taille, tu as bien le droit au cinquième. D’abord tu m’as prêté l’instrument nécessaire… On touche demain à midi, ici. Trouve-toi devant le bureau de la direction. Je te ferai ton petit cadeau. Il t’est bien dû mon vieux.

Marquet lui dit tous ses remerciements et l’entraîna vers le buffet du vélodrome. Il était chargé par M. de Broas, le directeur sportif de la marque Didier et Cie de prendre Microbe, puisque tout le monde en pinçait pour Microbe, à la sortie de sa cabine et de le lui amener.

– Et tu sais, mon vieux, quand M. de Broas fait chercher un coureur dans ces conditions-là, c’est comme si le président de la République te faisait appeler pour te nommer ministre.

Un peu gêné par tout ce monde de consommateurs qui le dévisageait pour la première fois, un peu ébloui, étourdi par le succès qui venait de lui échoir si miraculeusement, Robert se trouva en face d’un grand jeune homme maigre, osseux, à moustaches soyeuses et blondes, à l’œil clair, qui avait la réputation de connaître le sport vélocipédique, alors naissant en France, mieux que n’importe quel Français. Il en avait étudié toutes les finesses, toutes les roueries aussi en Angleterre. Et maintenant attaché à la fortune de la grande Société de construction Didier et Cie, il mettait tout en œuvre, son flair, sa compétence, son autorité pour constituer une pléiade de coureurs qui seraient chargés, cette année et les suivantes, de faire briller à coups de jarret la marque Didier dans tous les pays du monde. Robert avait entendu parler d’un projet de ce genre. Mais celui-là l’eût bien surpris qui lui eût annoncé la veille son entrée dans la pléiade en question. C’est ce que M. de Broas voulait lui proposer. Comme il était difficile de causer affaires en plein café, dès que les compliments obligatoires eurent été échangés, le directeur de la maison Didier emmena Robert dans une victoria qui l’attendait à la porte du vélodrome.

– Allons faire un tour au bois, dit-il. Nous y serons admirablement.

Pendant une promenade qui dura deux heures, M. de Broas s’informa des origines du petit Breton, lui fit conter son histoire, qu’il écouta gravement. Il apprit avec satisfaction que le jeune homme était de bonne famille, qu’il avait encore une mère et une sœur dont il assurait l’existence matérielle.

– Tout cela, lui dit-il, est parfait. Je te vois courir depuis quelques semaines aux Bruyères, mon petit. Je t’ai vu à l’entraînement. Je t’ai vu aujourd’hui. Je m’y connais en cracks. Je suis fixé. Tu es un crack. Tu pourras devenir un grand crack, tout en restant petit. Dame, je peux te donner une bicyclette de course, pour t’éviter des emprunts humiliants, je peux te faire donner de bons appointements par la maison Didier pour monter ses machines, je peux te procurer ainsi le moyen de gagner de gros prix, des mille et des mille francs, qui seront pour toi, sans aucune espèce de réserve ; je puis t’aider de la sorte à soutenir ta bonne mère et à marier ta jeune sœur, car tu es un garçon de cœur et je te connais à présent sur le bout du doigt. Pourtant il y a une chose, une seule que je ne peux faire… c’est d’augmenter, fût-ce d’un millimètre, la taille que ta mère t’a donnée. Et franchement, je me propose de le lui dire quand je la verrai, c’est un peu jeune…

– Voulez-vous le lui dire tout de suite ? demanda en riant Robert, dont le cœur débordait d’une joie secrète.

– Pourquoi pas ? Tu demeures aux Batignolles, et moi place Pereire. Allons-y !

– Vous expliquerez tout cela à maman, ce sera bien mieux.

– Tu as raison, petit. Ce sera mieux ainsi.

La voiture fit demi-tour. Il était six heures passées. À sept heures on s’arrêtait devant l’humble pension Wintermann. Mme Legrand écarquilla les yeux lorsqu’au bout d’une conversation remplie de chiffres fantastiques et de gains pharamineux, M. de Broas lui proposa net d’engager Microbe à raison de trois cents francs par mois.

– C’est vrai, madame. Vous avez là un petit crack en herbe, qui peut gagner cinquante mille francs en quelques années, aussi vrai que nous voilà ici tous les quatre. Je ne lui demande que deux choses : l’exactitude à l’entraînement et l’honnêteté dans la course. Ne jamais accepter d’argent d’un adversaire ou d’un concurrent pour se laisser battre.

– Oh ! monsieur, jamais, jamais ! dirent ensemble la mère et les deux enfants.

– Alors ça va ? interrogea en souriant M. de Broas.

– Si ça va ! mais, mon bon monsieur, c’est le paradis que vous nous apportez là.

– Pas encore, le paradis sera pour plus tard… Votre fils est émancipé, il peut donc signer un contrat commercial. Demain je l’attendrai à Puteaux, chez M. Didier. Il connaît l’usine. Il en ramènera une bicyclette, une belle machine de course que nous lui offrirons comme entrée de jeu. Et maintenant, tout à la gloire de la maison Didier ! Venez avec nous, mesdames, je vous emmène dîner au bord de l’eau.

M. de Broas héla un deuxième fiacre et conduisit la famille Legrand à Asnières, où l’on dîna. Il fut alors entendu que, le lendemain même, Mme Legrand irait l’après-midi, avec Robert, voir M. Constant pour lui expliquer la chose et le prier de remercier M. Delaroche de ses bontés. Ainsi fut fait. Le lendemain matin, M. Didier reçut Robert, en présence de M. de Broas, et lui signa un contrat, tel que celui-ci l’avait proposé. Robert, depuis la veille, croyait rêver, rêver toujours. D’aspect froid, un peu maladif, M. Didier parlait peu, mais comprenait. Il devinait surtout. Il eut des mots pleins de confiance pour Robert, dont les yeux intelligents lui plurent, en dépit de l’exiguïté de la taille. Comme il était très occupé, la conversation fut courte. Robert était surtout aux mains de M. de Broas, son véritable chef. Il s’inclina profondément avant de sortir. Mais M. Didier se leva de son bureau-ministre, alla jusqu’au petit coureur, et lui serra vigoureusement la main en lui disant :

– Bonne chance ! Et souvenez-vous de notre devise : Didier le premier ! Toujours !...

M. de Broas choisit aux ateliers une bicyclette de course qui valait bien cinq cents francs, prise à l’usine. Il la remit à son jeune élève, et Robert ne l’enfourcha qu’après avoir serré par deux fois la main de son bienfaiteur. Rendez-vous fut fixé pour le lendemain au vélodrome, où l’entraînement battait son plein chaque soir, de cinq à sept heures. Mais Robert n’oubliait pas qu’il y devait passer dès midi, ce jour-là, pour toucher les cinq cents francs si joliment gagnés la veille. L’argent était prêt dans le bureau du directeur. Celui-ci fit entendre à Robert qu’il comptait sur lui pour corser certains programmes de la saison, encore incertains. Robert se déclara prêt à courir tout ce qu’on voudrait, mais sous réserve de l’avis de M. de Broas.

– Ah ! vous êtes aussi de la grande écurie ! dit le directeur un peu vexé.

– J’en suis ! Et je suis fier d’en être.

Louis Marquet attendait son billet bleu, le pauvre, à la porte du vélodrome. Il le prit avec une frénésie amicale qui fit sourire Robert. Et tout philosophant, le cœur gonflé de joie, le jeune crack de Dinan rentra vite à la maison.

–  Maman ! ne put-il s’empêcher de dire avec des larmes plein les yeux en embrassant sa mère, maman !... Louisette !...

Et ce fut au tour de Louisette d’être couverte de baisers. Alors Robert, sortant de sa poche les quatre billets de cent francs qui lui restaient, en remit deux à Mme Legrand, le troisième à la petite sœur. Le quatrième alla dans sa poche.

– Je le garde, dit-il joyeusement ; il fera des petits.

Le visite de Mme Legrand et de son fils au bon M. Constant fut interprétée avec bienveillance. Il ne pouvait en être autrement. Dès que M. Delaroche fut informé de la présence de Microbe, que les autres grooms commençaient à regarder avec un œil d’envie et non plus en le méprisant comme au premier jour, il quitta son cabinet et vint complimenter la mère et le gamin.

– Il n’y a pas de sot métier, madame, dit le banquier en tapotant familièrement les joues du crack révélé de la veille ; et, ma foi, celui-ci m’apparaît tout neuf. Votre fils peut y faire fortune. Qui sait comment cette industrie nouvelle va tourner ? Pour ses adieux, par exemple, il va m’arranger quelque chose avec Constant. C’est bientôt la fête d’Eaubonne. Je veux donner à mes administrés – car je suis maire là-bas – le spectacle d’une course de bicyclettes, avec des champions de qualité.

Le mois suivant, en effet, Robert arrivait à Eaubonne, au pied du coteau de Montmorency, accompagné d’une demi-douzaine de camarades, tous de fines pédales. Avec Louis Marquet il avait formé un team de champions sérieux et bien vêtus, qui donnèrent à la population locale une idée charmante de la bicyclette. Sous les yeux de M. Constant enthousiasmé, Robert conduisit une sorte de gymkhana, composée de figures gracieuses qui transportèrent d’aise les dames du village, et plurent infiniment à Mlle Delaroche, la fillette du banquier-maire d’Eaubonne, âgée de treize printemps. On exécutait les figures sur la place de l’église, qui était aussi la place du château. Bientôt M. Constant donna, en frappant dans ses mains, car il n’aimait pas le revolver, le signal d’une course de quelques kilomètres : Eaubonne-Pontoise et retour. Microbe arriva premier « dans un fauteuil », c’est-à-dire en laissant derrière lui, bien loin, tous les camarades. Ce fut de l’enthousiasme. M. Delaroche remit au vainqueur un billet de cent francs, qui était le prix annoncé. Mlle Jeanne lui apporta gentiment un bouquet qu’elle avait fait couper vite et vite par le jardinier, sans prendre la peine de demander à son père si cet hommage ingénu n’était pas excessif de la part d’une jeune fille… Le regard du papa fut en effet très étonné. Mais l’enfant présenta ses fleurs avec une franchise si souriante, que M. Delaroche ne voulut pas marquer sa surprise. Il fit apporter du champagne, et, fort embarrassé, confus, les yeux baissés devant cette charmante jeune fille qui le servait en riant à belles dents, Robert ne put que balbutier :

– À votre santé, mademoiselle et monsieur !...

– À tes succès, mon petit Microbe, puisque c’est Microbe qu’on t’appelle, dit M. Delaroche.

– Microbe ! Oh ! oh ! Microbe ! C’est vraiment drôle !

Robert ne savait plus que penser. Voilà qu’elle se moquait de lui, après lui avoir apporté un bouquet ! Il avait hâte d’être parti à présent. Accompagné par les vœux sincères de tous, il regagna la gare voisine entre sa maman et Louisette.

– Ma foi, dit-il en montant dans le train de Paris, il me semble de plus en   plus que je rêve, maman. Pour sûr, je rêve…

 

Pierre Giffard, Microbe champion des sports
(Juven, 1909, chap. IV)