 |
Comme on apprend que les figures géométriques, leurs lignes étant extérieurement prolongées, construisent d'autres figures de propriétés semblables et de plus grandes dimensions, l'homme s'est aperçu assez tard que ses muscles pouvaient mouvoir, par pression et non plus par traction, un squelette extérieur à lui-même et préférable locomoteur parce qu'il n'a pas besoin de l'évolution des siècles pour se transformer selon la direction
|
du plus de force utilisée. Les Rosny ont déjà appelé le cycle un nouvel organe ; c'est surtout un prolongement minéral de notre système osseux, et presque indéfiniment perfectible, étant né de la géométrie.
Dans ce Guide, MM. Miran et E. Cousturier se sont adressés aux cyclistes moins voyageurs que promeneurs, à qui ils signalent une série d'excursions « praticables en une demi-journée, une journée au plus, soit à proximité de Paris, soit, avec le recours du chemin de fer, dans les environs de villes réputées pour leur agrément ou leur beauté ». Quoique nous préférions à ce tourisme des sites et monuments, sans comparaison, l'émotion esthétique de la vitesse dans le soleil et la lumière, les impressions visuelles se succédant avec assez de rapidité pour qu'on n'en retienne que la résultante et surtout qu'on vive et ne pense pas, nous ne pouvons que glorifier ce livre, série d'itinéraires pratiques avec une profusion de très bonnes photographies de tous les sites, depuis la porte de Suresnes jusqu'à la cathédrale de Chartres. Il a l'avantage d'indiquer le confortable des hôtels et restaurants non d'après leur affiliation à l' U.V.F. ou au T.C.F., mais d'après l'expérience personnelle des auteurs. Par suite de ce système (et c'est notre seule critique), ceux-ci n'expliquent les traversées que de villes ou villages qu'ils ont parcourus, et ignoraient, par exemple, au moment de la publication du Guide, la traversée de Rueil d'après M. A.-F. Herold , où l'on évite tous les pavés que laisse l'itinéraire précieux pourtant du Touring-Club.
Alfred Jarry, « Cyclo-guide Miran illustré »
(Le Mercure de France, n° 82, novembre 1896, p. 388)
|