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Le vélo, c'est le temps. Et la roue, le cycle du temps. Et la roue, c'est aussi la montre et le chronomètre. Des cercles encore.
Le vélo, c'est la bataille incessante de deux cercles, la bagarre de trois cercles, avec le pédalier, et la guerre de cercles innombrables si l'on considère les pignons.
Le vélo, c'est la lutte des rayons contre les aiguilles, le cercle contre le cercle, la course contre le temps, et le temps dans toutes ses acceptions, la course contre le beau et le mauvais temps, le ciel, le froid, le chaud, le vent qui pousse et celui qui ralentit, le soleil qui assomme ou assèche, la pluie qui rend le monde glissant.
La course contre la montre, la grande boucle, les tours, tours de roue et Tour de France, tour de reins et Tour d'Italie, à tour de rôle et Tour d'Espagne, et, puisque tout est cyclique, tout est cyclisme et donc chacun doit se dire qu'un jour ce sera son tour.
Et puisque le tour c'est aussi le mouvement, c'est une révolution.
Le coureur cycliste est un révolutionnaire.
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Jean-Bernard Pouy, 54 × 13
(
L'Atalante, 1996, p. 82) |