Encycliques

 

1907-2007
Alfred Jarry, Ubu cycliste
Pascal d'Huez, l'ami des champions

Au lendemain d'un Tour de France plus ubuesque que jamais, les éditions
Le Pas d'oiseau lancent deux pavés
dans le peloton.

http://www.lepasdoiseau.com

 

 

 

25-06-2006

Un autre cyclisme est-il possible ?

Mardi prochain, sur Radio Nova, au lendemain du championnat de France et à la veille du Tour de France, émission spéciale animée par Sylvain Paris-Brest, Pascal d'Huez, Peintre Cressent et Pacemaker.

« Branchés socquettes », mardi 27 juin 2006, de 6 h à 9 h, sur Radio Nova.

 

05-06-2006

Lettre encyclique Semper fluctuat
Du Pacemaker aux cyclistes, aux bicyclistes, aux vélocipédistes, aux cylosportifs, aux cyclotouristes, aux cyclothymiques, et à tous les hommes de bonne volonté, à l’occasion de la Grande Migration

Vénérés stayers,
chers fils et filles,
Salut et bénédiction vélocipédique !

Vanité des vanités, dit le Pacemaker, vanité des vanités, et tout n’est que vanité.
Que retire le cycliste de tous les kilomètres qu’il accomplit sous le soleil ?
Un peloton passe, un autre lui succède ; mais la route demeure ferme pour jamais.
Le grimpeur monte et descend, et il retourne d’où il était parti ; et renaissant du même lieu,
Il prend la route vers le midi, et tourne vers le nord. Son esprit tournoie de toutes parts, et il revient sur lui-même par de longs circuits.
Tous les cyclistes se lancent sur les routes, et les routes n’en regorgent point. Les cyclistes retournent au même lieu d’où ils étaient partis pour rouler encore.
Qu’est-ce qui a été autrefois ? C’est ce qui doit être à l’avenir. Qu’est-ce qui s’est fait ? C’est ce qui se doit faire encore.
Rien n’est nouveau sous le soleil, et nul ne peut dire : Voilà une nouvelle étape ; car elle a été déjà empruntée dans les siècles qui se sont passés avant nous.

Toutes choses ont leur temps, et tout passe sous le ciel après le terme qui lui a été prescrit.

C’est pourquoi Pacemaker a entamé sa Grande Migration et sera désormais accessible à l’adresse suivante :

www.encyclique.com

Donné à Paris, près du Polygone de Vincennes, le 5 juin 2006, lundi de Pentecôte, en la troisième année du Pacemaker.

 

05-05-2006

Paris-Madrid, souvenirs de la route

Les éditions du Pas d'Oiseau rééditent ce mois-ci Vélo ! Toro !, d'Édouard de Perrodil, préfacé par votre serviteur.

« Sur la route de Madrid, au départ de Paris le 25 juin 1893, deux aventuriers des temps modernes s'apprêtent à affronter le vent, la pluie, la chaleur, les fringales et les crampes, le manque de sommeil, les routes défoncées... et le mauvais vin.
Plus proches des artistes de cirque ou des Pieds Nickelés que des idoles d'aujourd'hui, nos deux héros se répartissent les rôles pour raconter ce drame qui n'en est pas un.
Le journaliste-cycliste Édouard de Perrodil tient la plume dans un style héroïcomique à la fois épique et burlesque.
Son compagnon de route, qui illustre l'épopée, a un joli coup de pédale, un bon coup de crayon et un nom qui restera dans l'histoire de l'aviation : Henri Farman.
En route pour une semaine cycliste d'une autre époque ! »

On remarquera que dix ans plus tard, Paris-Madrid est devenu non pas une course cycliste, mais une course automobile, la dernière à être organisée de ville à ville, sur le modèle des classiques cyclistes. On peut lire en cliquant ici la spéculation inspirée à Alfred Jarry en 1903 par cette course meurtrière. Et l'on remarquera en passant que Perrodil et Père Ubu partagent les trois mêmes attributs légendaires : vélo, alcool et revolver.

Signalons aussi la parution chez le même éditeur de Cyclistes aux Pyrénées, présenté par Henri Taverner, dont L'Ariège cycliste recevra la semaine prochaine le Prix du Document sportif 2005. Ce volume réunit deux récits de voyages cyclistes de la Belle Époque à travers l'Ariège, l'Aude et les Pyrénées-Orientales, écrits par un avocat bordelais et une inconnue d'origine toulousaine, d'Ax-les-Thermes à Ussat, de Toulouse à Carcassonne, en passant par la Couillade de Vente-Farine.

Édouard de Perrodil, Vélo ! Toro ! Paris-Madrid à bicyclette, 1893, Toulouse, Le Pas d'oiseau, mai 2006, 264 pages, 20 euros.
Cyclistes aux Pyrénées, 1907 et 1911, Toulouse, Le Pas d'oiseau, mai 2006, 112 pages, 12 euros.
Disponible par correspondance : Le Pas d'oiseau – 176, chemin de Lestang – 31100 Toulouse. Frais de port : 1,50 euro quel que soit le nombre d'exemplaires (chèques à l'ordre du Pas d'oiseau).
Mail : lepasdoiseau@yahoo.fr
Pour télécharger le communiqué, cliquer ici.

 

23-12-2005

Cyclo ludens

« – Quelle nécessité reconnaissez-vous au JEU COLLECTIF dans une société moderne ?
– Quelle attitude convient-il de prendre envers les détournements réactionnaires de ce besoin (style Tour de France) ? »
(« Une enquête de l'Internationale lettriste », Potlatch, n° 4, 13 juillet 1954)

Si l'on met de côté le cas très particulier du joueur qui recherche consciemment la défaite, tel Jan Ullrich, dont « l'idiotie et les performances doivent s'entendre dans un sens qui relève moins du sport que de l'art contemporain » (Jean-Paul Ollivier, Jan Ullrich, une esthétique de la déception), on peut classer les joueurs en deux catégories selon le but qu'ils poursuivent : les primes ou la gloire, l'argent ou l'état de grâce, l'épargne ou la dépense, l'accumulation des gains ou leur dilapidation en un potlatch destructeur.

Illustration à travers deux joueurs qui ont pratiqué dans des styles très éloignés deux jeux très proches par les qualités tactiques qu'ils requièrent : cyclisme et poker.

1. Fred Oliveri :
« Vous comprenez : coureur, pour moi, ce n'était pas faire le champion ; c'était gagner de l'argent pour avoir ensuite la belle vie. Je ne voulais donc pas me gaspiller.
[...]
Au poker, on ne triche pas !... Simplement, il était fort. Très fort ! Il savait bluffer. Il ne se trompait pas. Donc, moi aussi, j'ai appris à ne pas me tromper. Si bien que, lui et moi, nous avons gagné beaucoup d'argent avec les cartes. [...] C'était devenu un métier.
Si vous ne jouez pas, vous ne pouvez pas comprendre. Parce qu'au poker, la chance n'existe pas. C'est comme dans le vélo : il faut la classe. Mon frère avait la grande classe.
Il ne jouait pas gros. Mais il jouait chaque jour pour mettre de l'argent de côté. Il faisait attention – je veux dire : il ne flambait pas. »
(Fred Oliveri, les fabuleux souvenirs du plus vieux cycliste du monde, entretiens avec Christophe Penot, Éditions Cristel, 2005, pp. 16, 57-58)

2. Rik Van Steenbergen :
« Je m'étais probablement trop dispersé entre la route et la piste, les grandes classiques et les divers Six-Jours. Je prenais des trains de nuit pour aller d'une course à l'autre, dans cette Europe de l'après-guerre. Je m'étais trop dépensé, j'avais présumé de mes forces. [...] J'ai fait une tournée d'adieux, qui n'en finissait pas. [...] Ce fut très émouvant. J'avais les larmes aux yeux quand les foules m'acclamaient une dernière fois. La gloire, c'est une drogue.
[...]
J'étais regardant sur toutes les dépenses, sauf devant une table de poker ou devant les tapis verts de la roulette. J'économisais mon argent pour le brûler. [...] Les jours où j'étalais une quinte flush sur la table, je ressentais la même allégresse, la même jubilation, la même légèreté, le même bonheur que lors des sprints de jadis, dans ces dernières lignes droites de rêve, que je franchissais en vainqueur, les bras levés. J'étais sauvé de tout ce qui nous désespère, sauvé de tout le reste. Pendant quelques minutes, je me prenais pour un ange... »
(François Bott, Faut-il rentrer de Montevideo ?, Le Cherche Midi, 2005, pp. 131-134, 142-143)