Parmi les écrivains qui ont écrit sur le cyclisme, certains ont tiré leur inspiration non seulement de la légende des géants de la route, mais aussi de leur propre pratique de cycliste amateur ou de cyclotouriste.
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L'un des premiers écrivains cyclistes est sans doute Édouard de Perrodil, auteur méconnu de plusieurs récits de voyage à vélo. Rédacteur au Moniteur universel, au Petit Journal et au Figaro, il s'est attaqué au record de l'heure sur piste couverte et a participé à deux reprises à la course Bordeaux-Paris (572 km) :
- en 1892, il se classe vingt et unième, en 56 h 22, à 30 h 45 du vainqueur, Auguste Stéphane ;
- en 1893, il améliore son temps : 38 h 14 ; il arrive dix-septième, à 12 h 10 du vainqueur, Louis Cottereau.
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Édouard de Perrodil a aussi entrepris de longs périples à vélo (Paris-Marseille-Bordeaux-Paris, Paris-Vienne, Paris-Milan, Paris-Madrid, une traversée de l'Algérie), qu'il a racontés dans plusieurs livres parus dans les années 1890 (cf. bibliographie). « Un poète à bicyclette » : c'est ainsi que l'a décrit l'historien du cyclisme Baudry de Saunier.
Alfred Jarry se classe quant à lui parmi les personnes qui ont « tenu sur ses fonts baptismaux le cyclisme » (cf. « La mécanique l'Ixion »). Il a en effet adhéré à la section lavalloise de vélocipède dès 1889, puis acheté une bicyclette Clément Luxe modèle 1896, qu'il n'a jamais payée. C'est avec elle qu'il tentait d'aller plus vite que le train sur la route du Tripode à Paris (cf. « La course des Dix Mille Milles ») et qu'il a suivi le cortège funèbre de Mallarmé. |
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Plus récemment, on peut citer Louis Nucéra, Paul Fournel, Jean-Noël Blanc, Gérard Mordillat, Bernard Chambaz, José Giovanni : ceux-là ont en commun d'avoir participé à la montée des Soleils de l'automne, qui se déroule en octobre au dernier jour de la fête du livre de Saint-Étienne (45 km jusqu'à la Croix-de-Chabouret, cf. Jean-Noël Blanc, La Légende des cycles). Ajoutons encore Maurice Leblanc, Émile Zola, Jules Renard, Jean Richepin, Tristan Bernard, Rodolphe Darzens, Pierre Lafitte (alias Jehan de la Pédale), Charles-Albert Cingria, Léon Tolstoï, Paul Morand, Cioran, Jacques Perret, René Fallet, Jacques Faizant, Patrick Straram, Jean-Louis Ezine, Christian Laborde, et dernièrement Jean de La Ciotat, pionnier de la littérature cyclosportive. René Fallet a fondé, en 1968, les Boucles de la Besbre, « épreuve internationale et clandestine, dont aucun calendrier ne tient compte », où les échappées sont interdites et les vainqueurs connus d'avance (cf. Le Vélo, chap. V).
Certains d'entre eux se sont même lancés sur les parcours de véritables courses professionnelles, à plus ou moins grande distance des coureurs :
- le
Tour de France 1949 pour Louis Nucéra (en 1985, pendant deux mois, cf. Mes rayons de soleil) ;
- le
Tour 2003 pour Bernard Chambaz (une semaine avant les coureurs, cf. À mon Tour) ;
- le
Grand Prix du Midi Libre 2001 pour Éric Fottorino (départ une heure avant les coureurs, par lesquels il était rejoint en cours d'étape, cf. Je pars demain) ;
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et même un fragment d'étape du Tour de l'Avenir pour Paul Fournel, qui a accompagné un jeune coureur russe attardé dans le col de la Forclaz, sur une dizaine de kilomètres, avant d'être expulsé de la course par un motard (cf. « Maillot bleu », dans Besoin de vélo).
La professionnalisation a cependant fait disparaître les vrais écrivains cyclistes : on est loin du temps ou Édouard de Perrodil pouvait s'aligner au départ de Bordeaux-Paris ou établir des records de traversée de l'Europe en carburant au champagne et au vin sucré.
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